Compte-rendu

Une autrice, Sophie Chabanel, au collège

Par FRANCOISE ANDRE, publié le dimanche 7 juin 2026 12:04 - Mis à jour le dimanche 7 juin 2026 13:04
Elle a rencontré les 4è4 et 4è5 dans le cadre du Prix St-Ju'livres
Sophie Chabanel s'est dévoilée auprès des 4è4 et 4è5  en évoquant avec eux son métier d'écrivain, son plaisir d'écrire et de rencontrer ses lecteurs.
 


La rencontre a débuté par LA question : qu'est ce qui donne envie de devenir écrivain ?  Car oui, écrire est une envie !
Thibault a suggéré "les auteurs qu'on a lu avant", Yanis pense que c'est "parce qu'on aime écrire", Hamza estime qu'"avoir de l'imagination à un rôle important". C'est un peu tout ça, effectivement. L'autrice nous explique avoir aimé écrire dès la maternelle et plus tard, s'être lâchée dans son journal intime. Mais écrire pour être publiée est une écriture plus austère car il faut chercher la perfection pour plaire. Alors il y a la phase brouillon, puis celle de la relecture : on lit, on relit, on lit à voix haute pour corriger en permanence jusqu'à atteindre ce qui semble être la perfection.

Mais avant de se lancer, il faut trouver l'inspiration. Et là,  le champ des possibles est immense : il y a son imagination bien sûr  mais aussi les films, les documentaires, un autre livre,  les choses drôles ou qui mettent en colère dans le réel,  sa vie, même banale, peut servir dans ses récits. Par exemple,  la scène où la mère de l'héroïne de "Comment j'ai (un peu) sauvé le monde"  fait du stop à Paris à cause des grèves  et se retrouve prise en charge par un homme à trottinette est inspirée directement de sa vie. Sophie pioche dans des choses qui la touchent ou la gênent.

Son premier roman était d'ailleurs autobiographique et écrit sans plan préparatoire. Maintenant,  elle structure plus ses recits avant de commencer à écrire car ils sont ainsi moins pagailleux.  Particulièrement quand elle écrit du policier puisqu'il y a forcément des contraintes que les élèves se sont empressés de citer : un meurtre, une victime, un policier, un suspect,  des témoins...
Ce qui est sûr,  c'est qu'elle n'est pas spécialisée dans un genre  et qu'elle aime écrire dans tous.
 
Un manuscrit de Sophie Chabanel


Mais vivre de sa plume est difficile puisqu'elle reçoit 0.80cts par livre vendu.  Elle a donc un métier  en assurant des formations en entreprise avec des adultes.

Les élèves ont voulu savoir si Sophie ressemblait à son héroïne et faisait son compost. Ils ont été rassurés : un compost existe dans son immeuble et elle l'utilise régulièrement.  L'écologie est un thème qui lui tient à cœur. Et elle a constaté que les ados semblent être désespérés par l'état de la planète.  Les collégiens lui ont fait remarquer que le compost, ça ne fait pas rêver !  Justement, son envie était de prendre le contre-pied de ce qui fait rêver et le composteur en est un bel exemple : on y pose des déchets, ça sent un peu mauvais,  il y a des moucherons et des vers !

Les questions fusent : pourquoi y a t-il tant de vieux dans la copropriété de Rose, son héroïne ?  Pourquoi celle-ci semble si seule au début du roman ? Comment s'est fait le choix  de son prénom  ? Etc...
L'autrice n'a pas manqué d'y répondre pour le plus grand plaisir des élèves qui se sont sentis frustrés à la fin de la rencontre de n'avoir pas pu poser toutes leurs questions !